Comment se fait-il que les clochers triangulaires soient si peu connus ?

Cela tient certainement au fait qu’ils offrent toujours leur meilleur côté au regard, dissimulant le mur diagonal. Ainsi on ne voit pas leur triangularité. Nous nous attacherons dans ce blog à mieux faire connaître cette curiosité en trompe-l'œil et à mettre au grand jour ses trois faces singulières.
L’inventaire des clochers triangulaires a fait l'objet d'une publication dans les Mémoires ("LI") que vous pouvez vous procurer auprès de l’I.P.A.A.M (Institut de Préhistoire et d'Archéologie Alpes Méditerranée).
Il n’est d’ailleurs pas terminé car de nombreux clochers ont été recensés depuis. Pour réaliser cet inventaire, nous avons utilisé les frontières du XVIIe et XVIIIe siècle concernant le Comté de Nice, la Provence, le Duché de Savoie, la Ligurie et la Corse.
Pour chaque clocher triangulaire, nous ajoutons ci-contre une fiche que vous pourrez découvrir au fur et à mesure de nos recherches.

Georges Salacroup et ses enfants Serge et Sophie
I campanili triangolari : una curiosità del trompe-l'oeil del barocco a Nizza

Come è possibile che le torri triangolari siano così poco conosciute?
Ciò è certamente dovuto al fatto che offrono sempre il loro lato migliore, nascondendo la loro diagonale.Quindi non vediamo la loro triangolarità.
Ci concentreremo in questo blog per sensibilizzare l'opinione pubblica a questa curiosità del trompe-l'oeil e portare alla luce i suoi tre lati particolari.
L'inventario delle guglie triangolari è stato pubblicato nelle Memorie ("LI") che è possibile acquistare dal IPAAM (Istituto di Preistoria e Archeologia Alpi Mediterranee). Quest'ultimo non é ancora stato terminato in quanto molti campanili sono stati recensiti in un secondo tempo. Per realizzare questo inventario, abbiamo utilizzato i confini del XVII e XVIII secolo che riguardano la Contea di Nizza, la Provenza, il ducato di Savoia, Liguria e Corsica.
Per ogni torre triangolare, aggiungeremo una scheda che potrete scoprire di volta in volta durante le nostre ricerche.

Georges Salacroup ei suoi figli Serge e Sophie
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Latte (Italie - Im)

Capella San Bartolomeo


Lieu : Latte (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : 1700
Typologie du clocher : rectangle isocèle en façade
Accès : le village de Latte se trouve sur la route du bord de mer entre Menton et Vintimille. Pour atteindre la chapelle, qui est église paroissiale depuis 1922, il faut prendre la route de Villatella à l’embranchement situé au milieu de Latte et tourner à droite deux cents mètres après. L’église se situe sur une petite place avec, à sa droite, le stade municipal et, à sa gauche, un couvent de sœurs franciscaines.
Description : l’église est parfaitement orientée. C’est un bâtiment de moyenne importance, comportant une partie centrale bâtie sur les restes de la chapelle initiale et deux collatéraux ajoutés plus tardivement. Le presbytère a été accolé derrière à droite. Il domine le chœur de l’église.
La façade est surmontée par un fronton triangulaire en dessous duquel on aperçoit, de part et d’autre, deux niches contenant, à gauche, la statue de San Bartolomeo et, à droite, celle de San Faustino. Chacune de ces niches est encadrée par deux pilastres qui s’élèvent depuis le sol pour soutenir le fronton. La porte d’entrée est située au milieu de la façade. Au-dessus et au milieu, juste sous le fronton, un oculus qui éclaire la tribune a été percé.
Les deux constructions accolées à droite et à gauche de la façade possèdent une fenêtre et une porte.
L’intérieur de l’église comprend une nef et deux collatéraux qui sont divisés par trois travées. La nef semble correspondre à l’ancienne chapelle construite à partir de 1657 ; il s’agit d’une construction massive, d’allure romane, qui rappelle la chapelle des Pénitents Blancs de Falicon et plus particulièrement la chapelle Saint-Philippe, à Nice. En effet, de la même façon, la voûte repose sur quatre piliers mesurant 80 cm de large qui délimitent, avec les murs d’entrée et ceux du chœur, six grandes ouvertures cintrées. Il n’a pas été possible, comme à Nice, de savoir si ces ouvertures avaient été créées dans les murs de la chapelle initiale car aucun élément n’était apparent.
La première travée se trouve après le petit tambour d’entrée. Elle est surmontée par une tribune où s’ouvre l’oculus et où se trouve un petit orgue ; on y accède par un escalier en colimaçon situé à droite en entrant. Les murs de l’ancienne chapelle, façade et murs latéraux, restent visibles jusqu’à la première ouverture cintrée. À cet endroit, les deux collatéraux deviennent apparents, laissant un espace non accessible par l’intérieur mais qui correspond aux deux portes situées de part et d’autre de l’entrée de la chapelle.
Une allée principale traverse la nef depuis l’entrée jusqu’au chœur ; de chaque côté sont disposés des bancs pour les fidèles. À chaque travée correspond une fenêtre latérale. Les deuxième et troisième travées sont occupées par les fidèles. À l’extrémité des deux travées se trouve un autel. Celui de droite est dédié à la Vierge Marie, celui de gauche est dédié à saint Joseph. Le chœur se situe à l’extrémité de la voûte en berceau de la chapelle initiale qui se termine en cul-de-four. Un arc doubleau délimite le chœur. La voûte a été décorée de fresques assez récentes ; l’ensemble de l’église a été repeint intérieurement et extérieurement.


Le clocher se situe sur le côté droit de la façade ; ses deux murs principaux reposent sur les murs de l’ancienne chapelle. C’est un triangle rectangle isocèle ; sa forme générale est donc un prisme droit.
Le mur diagonal, en revanche, présente une évolution dans sa conception. Au lieu de le soutenir par une trompe ou un important arc de décharge, l’architecte chargé de la construction a opté pour une solution plus originale en créant de grandes ouvertures, séparées par un arceau, qui permettent d’alléger ce mur. Ceci n’est pas sans rappeler l’évolution entre le style roman et le style gothique où les murs étaient allégés par de grandes ouvertures.
De la colline située derrière l’église, on remarque que le début du mur diagonal sort directement du toit de l’église et s’élève d’un mètre environ. Il semble reposer directement sur la voûte massive qui peut le supporter pour une faible hauteur. À cet endroit s’ouvre la première grande ouverture cintrée qui correspond au premier étage. Elle est fermée horizontalement par une petite terrasse qui empêche les eaux de pluie de pénétrer à l’intérieur. Les trois angles du clocher sont renforcés, plus particulièrement l’angle droit, par deux piliers internes sur toute sa hauteur. Les murs massifs de l’ancienne chapelle ont permis l’édification d’un clocher relativement haut avec deux étages. La deuxième ouverture cintrée s’ouvre au niveau des cloches dans le prolongement de la première.

En conclusion, le mur diagonal a disparu ; nous sommes en présence d’une nouvelle technique qui s’apparente au principe du trépied. Il s’agit de trois piliers reliés entre eux permettant ainsi de supporter des cloches et un toit.
En façade, le premier étage repose sur un socle qui correspond à la terrasse intérieure ; il ne possède pas de fenêtre mais deux pilastres qui semblent soutenir une importante moulure.
Les trois angles, contrairement aux clochers d’influence niçoise, ne sont pas chanfreinés mais arrondis. Il s’agit là d’une technique d’origine piémontaise qui s’est manifestée pour la première fois à Bendejun et au sanctuaire de Saint-Hospice à Saint-Jean-Cap-Ferrat, puis sur tous les clochers construits en Italie (Latte, Camporosso, et Borgo San Dalmasso).
Le deuxième étage possède deux ouvertures cintrées avec une cloche. Elles sont encadrées par deux pilastres soutenant une moulure au-dessus de laquelle une majestueuse corniche formée par sept moulures superposées supporte le haut du clocher. Il n’y a pas de toit comme dans la plupart des clochers, mais une terrasse sur laquelle on a construit une grande lanterne possédant trois oculus. Elle est encadrée par deux pinacles faisant pendant à celui qui la coiffe. Une girouette et une croix surmontent le tout. Curieusement, si on regarde le clocher de face, la lanterne semble décalée à droite ; par contre, si l’on regarde par derrière, elle est parfaitement au milieu. Cette anomalie est due à la forme triangulaire du clocher : sur une base quadrangulaire, la lanterne serait parfaitement au milieu sous tous les angles.
Si nous prolongeons l’ouverture des fenêtres vers le bas et ceci jusqu’au socle, nous obtenons un clocher formé par trois piliers reliés entre eux par des arceaux. Cela ressemble fort au clocher de Corte.
Le clocher actuel peut être daté de 1700 ; en 1900 : édification, à gauche de la chapelle, d’un couvent de sœurs franciscaines. Le 25 novembre 1929, Mgr Ambrogio Daffra élève la chapelle en paroisse. C’est peut-être à cette époque que l’église s’est agrandie des deux collatéraux et surtout du presbytère.

Vallecrosia Alta (Italie - Im)

Chiesa del Assunta


Lieu : Vallecrosia Alta (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : 1750
Typologie du clocher : rectangle isocèle édifié sur le chevet et extérieur à l'église
Accès : on y accède par le bord de mer, après Camporosso, en prenant, avant Bordighera, la vallée à gauche en direction de Perinaldo. On arrive rapidement à Vallecrosia Alta. La Chiesa del Assunta se situe en haut à droite du village ; elle est difficile d’accès par des rues étroites, sans visibilité.
Description : l’église est alignée environ nord sud, elle n’est pas orientée. Il s’agit d’une modeste chapelle dédiée à l’Assunta (Assomption de la Sainte Vierge).
La façade, très simple, possède une porte d’entrée surmontée d’une niche dans laquelle on peut voir une statue de la Vierge portée par des angelots. Au-dessus une ouverture semi-circulaire éclaire la nef. On note une petite fenêtre de part et d’autre de la porte et, à droite, une porte qui donne accès à un jardin contigu. A gauche de la façade, on peut lire l’inscription suivante : « Chiesa del Assunta Sec XVIII ». Cette datation est à revoir.
L’intérieur de la Chiesa se compose d’une seule nef occupée par des stalles en bois ; elle était utilisée par une Confrérie de Pénitents Blancs, d’après le Padre Don Bartolotto, qui fut vicaire à Vallecrozia. On peut d’ailleurs encore voir, au fond de la chapelle, les ustensiles servant aux processions : deux grands crucifix, deux fanaux et deux bâtons surmontés, l’un, d’une statue de la Vierge, l’autre, d’un saint. Au dessus de l’entrée se trouve la tribune, sans accès visible. La voûte, à pénétration, est éclairée par deux ouvertures. Un arc doubleau délimite le chœur ; cet arc repose sur deux pilastres dont les chapiteaux, d’ordre composite, supportent une tête d’angelot. En haut de l’arc doubleau on voit un cartouche où l’on peut lire :
V E N E C O R O N A B E R I S
M D C C C L X X V
(Viens tu seras couronnée / 1875)
Cette date correspond à la décoration intérieure de la Chiesa, elle succède bien à celles de Camporosso, projet réalisé entre 1866 et 1867.
Dans le chœur, l’autel baroque est surmonté par une niche dans laquelle on peut voir « L’Assunta », La Vierge montant au ciel enlevée par trois angelots. Cette niche est encadrée par deux colonnes dorées, torsadées, et deux pilastres à rayures dorées supportant un entablement où se trouvent deux angelots. L’or alterne avec le blanc. Au centre, figure Dieu le Père accueillant la Vierge.
Curieusement, on retrouve, de part et d’autre de « l’Assunta de la Vierge », deux statues que nous avons déjà vues à Camporosso, à gauche, Saint Charles-Borromée, à droite, Saint Ambroise, figées dans les mêmes attitudes et exécutées en stuc par des compagnons stucateurs qui sont probablement ceux ayant œuvré à Camporosso.
On peut voir également une reproduction, en carton pierre, de la Vierge couronnée fixée sur des brancards, qui pouvait ainsi être portée en procession, ainsi qu’une représentation de la Vierge agenouillée se lamentant les bras levés vers le ciel.
Le chœur est éclairé par deux grandes ouvertures lobées ; sa voûte est richement décorée ; on peut également apercevoir, au milieu de la nef, une représentation de la Vierge.
La richesse de décoration de cette modeste chapelle étonne ; la chapelle n’est ouverte que le 15 août, pour la messe de l’Assomption.
A droite du chœur, une porte permet d’accéder à la sacristie qui se compose de deux pièces.

  

La première pièce, de forme carrée, possède une fenêtre à l’ouest et un plafond en voûte d’arêtes. Le mur mitoyen avec la chapelle mesure plus d’un mètre. Dans l'angle sud-est, on peut voir la corde de la cloche, par le trou, on peut distinguer l’intérieur du clocher.
La deuxième pièce, surélevée, possède également une fenêtre à l’ouest, son plafond est en voûte d’arêtes. 

Le clocher se situe au dessus de la première sacristie, il m’a d’ailleurs donné beaucoup de mal pour en comprendre l’édification. Car il est inséré dans les maisons du village avec une luxuriante végétation ce qui ne permet pas une observation facile, de plus, le toit de la première sacristie étant beaucoup plus bas que celui de la deuxième, devient ainsi invisible, caché par les murs de clôture.
C’est pourquoi, dans la première publication, je me suis fourvoyé dans l’hypothèse d’un clocher bâti sur un triangle équilatéral. Mais par la suite, en observant le clocher de face il est apparu que le lanternon situé au sommet était légèrement décalé, ce qui est impossible sur une base équilatérale, de même, le troisième angle qui doit apparaître au milieu de l’ouverture de la face observée n’y était pas. Nous avons déjà observé cela sur Camporosso et Busca à San Giuseppe.
En conséquence nous nous trouvons en présence d’un clocher bâti sur un triangle rectangle isocèle, suivant la technique du Comté de Nice, mais édifié à l’extérieur de la chapelle comme celui de Saint-Sauveur-sur-Tinée. Il se présente donc sous la forme d’un prisme droit.
Les deux faces perpendiculaires reposent, l’une sur la façade occidentale de la chapelle, l’autre sur le mur mitoyen entre les deux sacristies. La troisième face, le mur diagonal, repose sur un arc de décharge visible à l’extérieur permettant de soutenir le mur diagonal, il enjambe le toit de la sacristie.


L’espace situé sous l’arc de décharge a été fermé par un petit mur, contrairement à St-Sauveur où la trompe est restée à l’air libre.
Une moulure décore les trois faces du clocher qui possède trois ouvertures cintrées avec une cloche à l’ouest et une autre au sud. Les trois angles ont été chanfreinés comme la plupart des clochers du comté de Nice.
Un entablement, d’ordre composite entoure le haut du clocher ; il n’y a pas de toit mais une terrasse sur laquelle a été édifié un lanternon analogue à celui de Latte. Une croix avec une petite girouette domine le tout.
Cette Chiesa peut être mise en parallèle avec Camporosso où l’on retrouve Saint Charles Borommée et Saint Ambroise.
Malgré sa sobriété, ce clocher se situe dans la période Baroque classicisme à cause de l’utilisation de l’ordre composite. La décoration intérieure classe cette "Chiesa"dans le Baroque flamboyant, toutefois, sa simplicité en fait une très belle œuvre d’art en opposition avec un baroque parfois surchargé.
En conclusion, la chapelle et le clocher ont pu être bâtis à partir de 1750.
Le chœur semble avoir été décoré en 1782, la voûte lui a succédé en 1866.

Camporosso (Italie - Im)

Oratoire des Pénitants blancs Saint Charles-Borromée


Lieu : Camporosso (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : 1750
Typologie du clocher : équilatéral édifié sur le chevet
Accès : le bourg de Camporosso se trouve sur la route de Dolceacqua que l’on prend en tournant à gauche à la sortie de Vintimille. L’oratoire se situe à gauche de la route traversant le bourg.
Description : l'oratoire est un bâtiment de moyenne importance qui n’est pas orienté, l’autel se trouvant au nord. Il se compose, au sud, d’une belle façade s’appuyant sur une construction rectangulaire qui se termine par un chœur dont les cinq côtés sont inclus dans un octogone. Le clocher vient s’intégrer entre le chœur et un petit bâtiment d’un seul niveau, la sacristie, prolongeant la façade orientale.


La façade vient d’être restaurée et des travaux de réhabilitation sont actuellement en cours à l’intérieur. Elle est de style Baroque ; on peut apercevoir quatre pilastres avec chapiteaux d’ordre composite, deux, de part et d’autre de la porte, deux autres, sur les angles du bâtiment, soutenant une architrave dominée par une frise et couronnée par une corniche également d’ordre composite. Au-dessus de la porte, on aperçoit une fresque très délavée (peut-être l’Annonciation), surmontée par une ouverture cintrée dans sa partie supérieure. Sur les côtés, à droite, on aperçoit, à la même hauteur, une autre fresque, probablement une représentation de saint Charles Borromée, à gauche, une figure illisible. Les frises ont été décorées. Au-dessus de l’ouverture centrale, on peut voir une petite corniche en retrait par rapport aux deux autres.
Un fronton s’élève au-dessus du toit ; dans sa partie centrale, on peut voir deux pilastres qui, s’alignant sur ceux de la porte d’entrée, supportent un triangle d’allure classique au centre duquel on aperçoit une décoration. Au milieu s’élève un pinacle surmonté d’une croix ; de part et d’autre du triangle, on aperçoit deux autres pinacles surmontés d’une boule ; l’ensemble est étayé de chaque côté par deux consoles inversées se terminant contre deux pinacles.
Le mur oriental, en bordure de la route, possède trois ouvertures cintrées et s’arrête sur une chaîne d’angle qui la délimite avec le chœur.
Le chœur possède deux ouvertures, l’une au-dessus de l’autre. Il est intéressant de remarquer que le toit du chœur domine celui de la nef et que le mur du chœur est en retrait par rapport au mur de façade. L’ensemble du chœur a une forme octogonale ; sa première face s’aligne, après un léger décalage, sur la façade est ; la deuxième face fait un angle d’environ 45° avec la précédente. Le chœur possède ainsi un équilibre architectural permettant l’édification d’une voûte en forme de coupole sur pendentifs, dans le cas présent, les cinq huitièmes d’un octogone.

Le clocher est bâti dans l’angle formé par le prolongement du mur du chœur en façade et le mur intérieur du chœur. Le mur de la sacristie se trouve dans le prolongement de la façade orientale de l’édifice ; l’autre mur suit le chœur, les deux autres ferment ce quadrilatère.

L’intérieur de l’oratoire, que nous avons pu visiter grâce à l’obligeance du padre Don Ferruccio Bortolotto, curé de Camporosso, se compose d’une nef et d’un chœur. L’entrée est dominée par trois voûtes d’arêtes encadrées par six colonnes au-dessus desquelles se trouve la tribune. La grande baie cintrée, située en façade, éclaire la nef qui est dominée par une voûte à pénétration où s’ouvrent trois fenêtres de chaque côté. Cette voûte repose sur un entablement soutenu par six pilastres ; elle est partagée par trois arcs doubleaux décorés reposant sur les pilastres. Le premier sépare la partie de la nef ouverte au public de l’autre partie fermée par une haute barrière en bois et réservée à la confrérie qui siégeait dans des stalles de bois installées jusqu’au chœur. Le deuxième se situe au milieu des stalles. La nef est décorée par quatre tableaux et deux statues.




Le chœur est un bel exemple de style Baroque particulièrement réaliste. Il est délimité par le troisième arc doubleau reposant sur deux pilastres bien en relief par rapport à la nef, le tout richement décoré. Au sommet de l’arc doubleau une inscription :
ECCE ANCILLA DOMINI
(Voici la servante du Seigneur)
Toutefois, la hauteur du chœur est bien inférieure à celle de la nef. Deux marches et une balustrade en marbre délimitent le chœur. Celui-ci s’aligne, de chaque côté, sur le mur de la nef sur deux mètres environ. Il fait ensuite un angle de 45° avec le mur de la sacristie, prolongement du mur de façade. Il en est de même dans l’autre moitié du chœur avec le mur de façade ouest. Un cinquième mur ferme l’ensemble du chœur, face au public. Ces cinq murs sont surmontés par des pendentifs qui supportent les cinq huitièmes d’une coupole. Cet ensemble est richement décoré ; on peut reconnaître les quatre évangélistes entre les pendentifs qui reposent sur un entablement.
Derrière l’autel de facture baroque, on aperçoit, dans une grande niche, sur un piédestal de marbre, une statue de la Vierge écoutant l’ange Gabriel pendant l’Annonciation. L’encadrement de la niche est décoré par deux pilastres supportant un entablement où deux anges encadrent une niche en forme de coquille Saint-Jacques installée dans le pendentif central au-dessus de laquelle brille un soleil. De part et d’autre de la Vierge, suivant les angles du chœur, on peut voir six statues disposées de la manière suivante :
- saint Charles Borromée à gauche de la Vierge, saint Ambroise à droite,
- quatre figures bibliques, à l’extrême gauche, Moïse, et à l’extrême droite Noé, entre les deux, à gauche, Judith, à droite, Jael.
Ces figures, très réalistes, interpellent les confrères avec des gestes précis, dans des conversations sacrées. Il s’agit d’œuvres attribuées à des artistes « stuccatori ticinesi » vers 1750. Arrêtons-nous un instant sur ces six représentations.
Saint Charles Borromée : archevêque de Milan, cardinal (Arona 1538 - Milan 1584) ; l’oratoire lui est dédié après l’avoir été à la Santa Madonna de l’Annonciation. Il contribua puissamment à la réforme catholique en restaurant la discipline ecclésiastique par des visites pastorales régulières, la tenue de synodes, l’organisation de séminaires, et l’enseignement du catéchisme.
Saint Ambroise : père et docteur de l’église latine (Trèves 340, Milan 397). Évêque de Milan, il lutta contre les cultes païens et l’arianisme, baptisa saint Augustin, christianisa les institutions impériales et contraignit l’empereur Théodose à faire pénitence. Il réforma le chant sacré et créa le rite ambrosien.
Noé (en hébreu : Noah) : héros du déluge biblique, il construisit l’arche qui porte son nom. Il est représenté portant, avec élégance, l’arche sur sa main droite.
Moïse (en hébreu : Moche) : la Bible le présente comme le chef charismatique qui a donné aux Hébreux leur patrie, leur religion et leurs lois. Il est représenté avec les tables de la Loi.
Judith : héroïne du livre biblique de Judith. Elle trancha la tête d’Holopherne, général assyrien de Nabuchodonosor, pendant son sommeil aviné alors qu’il assiégeait la ville de Béthulie. Elle est représentée brandissant la tête coupée d’Holopherne.
Jael (en hébreu : Ya El) : héroïne du livre biblique des Juges, chapitre IV, Deborah. Elle tua Sisara, général cananéen ennemi d’Israël, en lui enfonçant, pendant son sommeil, un pieu de tente dans la tempe avec un marteau. Elle est représentée un marteau à la main et, à ses pieds, la tête de Sisara endormi.
La porte située à droite de l’autel permet d’accéder à la sacristie qui possède une voûte d’arêtes. Elle s’ouvre sous le clocher qui se situe, nous l’avons vu, au-dessus de l’angle formé par le mur extérieur du chœur et le mur de façade de la sacristie. On aperçoit, dans l’angle, le trou par où descendait la corde de la cloche.

Le clocher est donc bâti sur cet angle, la face occidentale sur le prolongement du mur de façade dans la sacristie, la face orientale sur le mur séparant le chœur de la sacristie ; la face septentrionale repose sur une trompe, c’est le mur diagonal. Le clocher repose donc sur un triangle qui, dans ce cas précis, n’est pas équilatéral. En effet, les trois côtés ne sont pas égaux, le côté le moins long étant celui du mur diagonal ; l’angle est proche de 45°.
En revanche, lorsqu’on observe le clocher extérieurement, en regardant la face orientale, on s’aperçoit que l’angle occidental du clocher se situe exactement au milieu de cette face ; cela démontre qu’il est bâti harmonieusement, sous la forme d’un prisme régulier, donc sur la base d’un triangle équilatéral à 60°. La moindre diminution de l’angle à 55° ou 50° est visuellement perceptible : nous l’avons constaté à l’aide de reproductions de clocher selon ces divers angles. En conséquence, les bâtisseurs ont dû tricher, en utilisant l’épaisseur des murs très larges à la base et dans la partie médiane du clocher avec ses renforcements, pour recréer un triangle équilatéral préservant ainsi l’esthétique du clocher.
On voit donc, à l’instar de Châteauneuf-Villevieille, autre clocher dont la base est un triangle équilatéral, que le mur diagonal repose sur une trompe située dans la sacristie. Cela se justifie par le fait que, depuis le 1er juillet 1524, la seigneurie de Dolceacqua était rattachée au comté de Nice. Les bâtisseurs du clocher de Camporosso ont eu le loisir de visiter celui de Châteauneuf-Villevieille qui ne s’est effondré que pendant le tremblement de terre de 1887. Toutefois à l’inverse de Châteauneuf, ils furent gênés par l’implantation du chœur et durent, à la base, refermer l’angle à 45° ; cela leur a peut-être donné l’idée de refermer cet angle dans le clocher de Corte.


Le clocher se présente donc sous la forme d’un prisme régulier dans sa partie supérieure ; il possède trois ouvertures cintrées avec une cloche au sud. Le haut du clocher est dominé par un entablement supportant un toit d’allure triédrique mais peu élevé. Les trois angles du toit sont recoupés ; à son sommet, on aperçoit un bulbe en pierre en forme de pigne de pin ; la partie supérieure rappelle le dernier étage du clocher de Corte. Ses trois angles sont arrondis et bordés de pilastres. Ils sont renforcés depuis le bas jusqu’au-dessus du toit du chœur pour permettre une meilleure assise du clocher et son rééquilibrage en triangle équilatéral. Son allure générale le classerait plutôt dans l’ordre toscan. Sa construction peut être attribuée à des compagnons piémontais ou génois.

Historique : cet oratoire des Pénitents Blancs, d’abord dédié à la Santa Madonna de l’Annonciation, le fut ensuite à saint Charles Borromée.

D’après des renseignements recueillis sur place cet oratoire daterait de 1700, ce qui le rapprocherait de Latte. Il est toutefois probable que le clocher ait été construit plus tardivement car, en observant la façade latérale, on s’aperçoit que ce mur s’arrête sur une chaîne d’angle au niveau du clocher. On peut donc penser, en se rappelant l’ordre Toscan, que le choeur, le clocher et la sacristie ont été bâtis ultérieurement, entre 1700 et 1750. La façade et l’intérieur de l’oratoire sont datés de 1862, 1866 et 1867.





Perallo, Molini di Triora (Italie - Im)

Oratorio San Giuseppe di Stomina

Lieu : Perallo, Molini di Triora (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : à partir de 1700
Typologie du clocher : rectangle isocèle
Accès : l’Oratorio San Giuseppe di Stomina ne se trouve pas dans le bourg de Molini di Triora, mais dans le hameau de Perallo, situé sur la route qui descend depuis le Col de Langan sur Molini. Perallo est indiqué, quelques kilomètres avant Molini, à droite dans un virage. Il faut prendre une petite route pendant 500 mètres environ. Le hameau s’étage en contreforts, l’Oratorio se trouve au milieu.
Description : l'Oratorio est un petit bâtiment rectangulaire, non orienté, accolé aux maisons voisines sur sa gauche et à un mur de terrasse sur sa droite.
La façade, crépie, nous offre dans sa partie basse, une porte en forme d’ogive, elle-même surmontée d’une seconde ogive. L’ouverture est toutefois rectangulaire, à un battant. Une moulure en plate-bande traverse la façade au niveau de l’ouverture de la porte. Au dessus un entablement, formé par deux moulures et une frise arrondie, traverse la façade. En dessous, un renforcement ultérieur, alourdit l’ensemble jusqu’alors élégant.
Une grande fenêtre, semi-circulaire, éclaire la nef, elle se compose de neuf ouvertures en forme de pétales venant se rejoindre au centre, sur une ouverture arrondie. L’ensemble a l’apparence d’une fleur ouverte ou d’un soleil.
Le toit couronne le tout en prenant une allure de fronton, une croix le domine.
A gauche, on peut voir un bâtiment reposant sur un portique ouvert sur deux côtés et donc latéral à l’Oratorio. Au dessus, deux fenêtres qui pourraient bien être celles du presbytère. Au pied du portique se trouve une statue du Christ portant sa croix.
La façade gauche correspond à la maison attenante à l’Oratorio, peut être s’agit-il du presbytère. Il y a ensuite une autre maison, puis, le clocher qui s’insère dans l’angle formé par cette maison avec le mur de l’Oratorio. Ce mur correspond au chœur, il possède deux ouvertures.
Le mur du chœur et celui de la façade droite ferment le quadrilatère. Ces trois murs ne sont pas crépis, mais en pierres apparentes.


Le clocher se situe donc dans l’angle formé par le mur du chœur avec la maison attenante. Cet angle qui semble droit, doit mesurer 90°, cela parait vaste pour loger un clocher à base équilatérale, de 60°. Ce clocher, à première vue, donne l’impression d’être bâti sur un triangle équilatéral, mais, dés qu’on l’observe sous divers angles on s’aperçoit qu’il ne présente pas tous les éléments permettant de le classer, équilatéral.
En effet, la vue prise de face ne permet pas d’obtenir le troisième angle dans le milieu de l’ouverture, ce qui est obligatoire pour un angle équilatéral.


De même, la face correspondante du toit ne donne pas l’impression d’être un triangle équilatéral.
Nous sommes donc en présence d’un clocher bâti sur la base d’un triangle isocèle non rectangle. Il nous faut donc visiter l’intérieur afin de prendre des mesures exactes permettant de déterminer la valeur des angles, ainsi que nous l’avons fait pour Villanova Mondovi. Sa conception rappelle celle du clocher de Murato, en Corse, bâti dans l’angle formé par le mur de l’église et celui de la chapelle intérieure, donc un angle droit.


En effet, le mur diagonal est bâti depuis le sol, en pierres apparentes, on n’y aperçoit aucun arc de décharge et il s’élève jusqu’à la hauteur du mur de l’Oratorio. Il déborde légèrement du mur du chœur et s’éloigne du mur de la maison attenante afin de résorber la différence entre les angles de 90° et 60°.
Au dessus, le clocher, crépis de couleur blanche, prend la forme d’un prisme régulier, semble t’il, reposant sur un petit encorbellement de lauzes. Il possède une ouverture cintrée sur chacune de ses trois faces. La face extérieure possède une cloche.
Il est coiffé par un plateau triangulaire qui déborde largement et supporte le toit.
Le toit semble bâti en pierre, par contre, ses deux côtés visibles n’ont pas la même mesure ce qui laisse planer un doute sur une base équilatérale.
En conclusion, nous sommes en présence d’un clocher isocèle non rectangle bâti à l’extérieur de l’Oratorio. Une visite approfondie de l’édifice et surtout du clocher nous permettra, comme à Villanova Mondovi, d’avoir la mesure exacte de l’angle de la base du clocher, entre 60° et 90°, son éventuel support et de voir la fresque représentant la Sainte Famille.
L’Oratorio est mentionné dans un document du XVIIe. La voûte a été peinte par Francesco Maiano, un peintre local, elle représente la « Sainte Famille ».
Le clocher a pu être bâti à partir de 1700.

Cosseria (Italie - Im)

Oratorio dei Disciplinanti
Lieu : Cosseria (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : 1891
Typologie du clocher : équilatéral
Accès : Cosseria se situe à proximité de Millesimo, entre Savona et Mondovi. Dans le village, l’Oratorio dei Disciplinanti se trouve à proximité de l’école et de l’église paroissiale.
Description : l'Oratorio est un petit bâtiment rectangulaire, crépi en blanc, qui se compose d’un chœur, d’une nef rectangulaire et d’un portique faisant corps avec l’ensemble. Le clocher est positionné à cheval sur le portique et la nef. La façade orientale comprend trois fenêtres rectangulaires, encadrées par trois pilastres et par le portique qui a été bâti ultérieurement, ainsi que le clocher qui le surmonte. La façade principale, sous le portique, possède une grande porte d’entrée au dessus de laquelle un encadrement coiffe le linteau sur lequel est gravé son appartenance à la Confrérie des Pénitents, ainsi que la date de canonisation de Saint Charles Borromée en 1610. 


Le clocher, en brique, est du type triangle équilatéral, inspiré de Châteauneuf Villevielle, cela est confirmé par l’observation de la face principale, son troisième angle se situant bien au milieu de l’ouverture. Il repose sur un socle qui lui permet de s’élever au dessus du toit. Il est encadré par deux pilastres, depuis sa base jusqu’au soubassement du toit. Une moulure le sépare de son socle, sur chaque face, il possède trois ouvertures cintrées par un arceau en brique. Les six pilastres se terminent par six chapiteaux, sur lesquels repose le soubassement soutenant le toit par un entablement. Le toit est bâti en brique, coiffé par une croix métallique. On peut voir une cloche.
D’après les renseignements donnés sur un panneau.  
 
L’Oratorio aurait été construit après la canonisation de Saint Charles Borromée en 1610, le clocher triangulaire en 1891 après l’édification du portique.
 



Magliolo (Italie - Sv)

Oratorio di San Bernardo
Lieu : Magliolo (Italie - Province de Savone)
Datation du clocher : autour de 1750
Typologie du clocher : rectangle isocèle en façade
Accès : Magliolo se situe dans la province de Savona, au
nord-est de Finale Ligure. L’Oratorio se trouve via San Bernardo.
Description : l'Oratorio est un petit bâtiment avec une abside semi circulaire. La façade principale crépie, de couleur blanche, possède une porte d’entrée rectangulaire encadrée par deux petites ouvertures. Au dessus on peut voir un oculus avec trois lobes. Au faite du toit on trouve un pinacle avec une croix.



Le clocher, bâti en façade sur l’angle gauche de l’Oratorio, est du type triangle rectangle isocèle. Il a été construit suivant la technique du Comté de Nice, le mur diagonal doit reposer sur un arc de décharge. Les trois angles bien arrondis, encadrent trois ouvertures cintrées. Il n’y a pas de cloche. Le rebord du toit s’incurve au dessus des ouvertures cintrées, prenant ainsi la forme d’une vague. Le toit est en forme de bulbe surmonté d’une croix, ce qui est assez rare.
La datation donnée est Seculo XVII. On peut estimer la date de construction du clocher autour de 1750.

Murialdo (Italie - Sv)

Cappella dei Santi Giacomo e Filippo

Lieu : Murialdo (Italie - Province de Savone)
Datation du clocher : après 1750
Typologie du clocher : rectangle isocèle
Accès : Murialdo se trouve à quelques kilomètres au sud de Millesimo, toutefois la Cappella dei Santi Giacomo e Filippo, nous a donné beaucoup de mal pour la trouver, vu le nombre de Borgata (Hameau) dans cette commune. En venant de Millesimo par la route SP 51, il faut traverser le bourg de Murialdo, continuer la route jusqu’à Borgata Valle, là, il faut prendre à droite la route de Borga Pallareto, un panneau indique Cappella dei Santi Giacomo e Filippo. Il faut traverser la rivière, tourner à droite, la Cappella se trouve à quelques centaines de mètres.
Description : la Cappella est un petit bâtiment composé d’une nef rectangulaire et d’un presbytère accolé en angle droit sur la Cappella. Le clocher a été construit sur l’angle droit de la façade principale.
La façade principale, d’allure classique, possède une grande entrée avec deux fenêtres, elle est encadrée par deux pilastres supportant le linteau dominé par un entablement. Au dessus de la fenêtre de droite, une inscription, récente, donne le nom du lieu  « Borgata Pallareto » et une évocation « Porgi o Maria Merce a qui t implora e con te Giacomo Filippo onora ».
Une plate bande sépare en deux parties la façade. Sur chaque angle, un pilastre s’élève jusqu’au fronton triangulaire qui épouse la forme du toit. Au dessus de la porte, sur l’entablement, deux pilastres s’élèvent à la hauteur d’une fenêtre semi circulaire. La façade est crépie de couleur blanche. Les autres façades sont également crépies mais elles ont perdu leur couleur.
 
La façade arrière possède un décrochement, à gauche, c’est le chœur, plus étroit que la nef.
Le presbytère accolé sur la moitié de la façade droite possède une porte d’entrée et une fenêtre, il a été bâti en pierre apparente, ultérieurement à la Cappella.

L’intérieur de la Cappella, d’allure baroque se compose d’une nef équipée de bancs, une tribune en bois domine l’entrée. La voûte semble être une coupole sur pendentif, ce que laisse présager les angles situés de part et d’autre du chœur et, qui sont, de toute évidence, des pendentifs. La décoration est très soignée, elle a du être refaite depuis peu. A gauche on aperçoit une statue de San Giacomo, en pèlerin de Compostelle. Le chœur s’ouvre sur un arc doubleau, à l’intérieur subsiste une fresque ancienne, dans le haut du chœur, au milieu une représentation de dieu le père, à sa gauche San Giacomo, à sa droite San Filippo, au dessous, au milieu une représentation de la Vierge avec l’enfant Jésus, de part et d’autre quatre personnages, très détériorés, qu’il n’est pas possible d’identifier. L’autel est en marbre, à sa droite une ouverture semble correspondre au presbytère. Le chœur est délimité par une balustrade en pierre. A droite dans la nef, une statue de sainte avec une épée et la palme du martyre. On trouve également une statue de Jésus enfant

Le clocher est du type triangle rectangle isocèle, il a été bâti suivant la technique du Comté de Nice. Le mur diagonal doit reposer sur un arc de décharge. Il ne peut en être autrement car il ne peut pas reposer sur la voûte en coupole.
Le clocher repose sur un socle lui permettant de s’élever au dessus du toit. Une plate bande encadre le socle de toute part. Le premier étage du clocher ne possède aucune ouverture, par contre, chaque angle est décoré par des pilastres sur les deux faces principales. La face diagonale ne possède aucune décoration.
Les deux angles obtus sont largement chanfreinés. L’angle droit est bien perpendiculaire. Un entablement soutient le deuxième étage du clocher où s’ouvrent trois ouvertures cintrées. On aperçoit deux cloches. Pareillement au premier étage quatre pilastres supportent l’entablement sur lequel repose le toit, il s’agit en fait d’un bloc de pierre taillée, bordé par une rangée de tuiles romanes. Le reste du toit est couvert de zinc, il se termine par un pinacle où est plantée une simple croix.
La Cappella, compte tenu de la fresque du chœur, peut être datée après 1573.
Le clocher, à cause de sa décoration baroque me semble bien ultérieur, il a du être édifié lorsque la Cappella est devenue église paroissiale, donc, à la construction du presbytère, une date après 1750 peut être retenue. Il faut se rappeler que les clochers triangulaires sont la plupart du temps bâtis ultérieurement à la chapelle, c’est d’ailleurs un de leurs avantages.



Arma di Taggia (Italie - Im)

Santuario dell'Annunziata

Lieu : Arma di Taggia (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : autour de 1750
Typologie du clocher : rectangle isocèle
Accès : un clocher triangulaire nous a été souvent signalé à Arma di Taggia, mais impossible de le localiser. Enfin une précision nous permit de le trouver, il se situait en dessous d’un bastion Génois servant à la défense du site en 1575. L’ensemble se situe sur la route du bord de mer à l’entrée en venant de San Remo. 
Description : Il s’agit d’un édifice quadrangulaire à usage d’habitation possédant deux fenêtres sur chaque face. Le clocher se situe sur l’angle gauche du bâtiment. Renseignement pris sur place, il s’agirait de la maison du Curé (Casa di Curato). C’est alors que nous avons vu le Sanctuaire Grotte situé en dessous, sur le chemin du bord de mer.



 Le Sanctuaire Dell'Annunziata detto dell'Arma est une grotte dont la première partie fut destinée à l’église à partir du XIIe siècle et, sauf une période de faible fréquentation entre le XVIe et le XVIIe siècle, le culte a été maintenu jusqu’à nos jours. Il s’agit d’un rare exemple d’église dans une grotte en Ligurie. Par contre nous en avons vu une dans le Piémont, Villanova Mondovi. Sur la façade, qui ferme la grotte, une plaque de 1814 évoque le passage du Pape Pie VII, qui rentrant de l’exil en France s’arrêta ici pour prier. On y voit également, dans une niche, une statue de la Vierge.
La seconde partie qui fait près de 55 mètres de long possède d’autres galeries pour un total de 100 mètres environ. La grotte fut habitée dans la préhistoire depuis au moins 100.000 ans, on a trouvé trois fragments crâniens de l’homme de Néandertal.
Nous avons donc compris que la maison du Curé était en fait un presbytère ou un petit prieuré desservant le Sanctuaire. Le clocher ne pouvant pas être installé sur la grotte il le fût sur le presbytère.


  Il est donc du type triangle rectangle isocèle installé à gauche, en façade. Il a été bâti suivant la technique du Comté de Nice. Il ne possède qu’un seul étage. La face méridionale, dégradée sous l’ouverture, a été rebâtie en brique. La facture est sobre, deux pilastres encadrent l’ouverture cintrée. On aperçoit une petite cloche. Le toit repose sur un entablement. La face occidentale est en meilleur état. Le toit en forme de bulbe est couronné par une girouette et une croix métallique pattée. Les deux angles aigus sont chanfreinés. La troisième face, le mur diagonal, est sans aucune décoration.
Ce clocher peut être daté autour de 1750, au moment de la reprise du culte dans le sanctuaire Grotte.


Orco Feglino (Italie - Sv)

Santuario di Santa Maria Ausilatrice

Lieu : Orco Feglino (Italie - Province de Savone)
Datation du clocher : 1874
Typologie du clocher : rectangle isocèle
Accès : Orco-Feglino se situe au nord de Finale Ligure, juste au dessus de l’autoroute A10. Le Santuario di Santa Maria Ausiliatrice se trouve au dessus du village. 
Description : le sanctuaire possède une grande façade blanche, encadrée par deux clochers et installée devant une immense nef arrondie au chevet.




La façade est majestueuse, on peut la diviser en trois parties.

La première partie, au centre, comprend une grande porte cintrée dont la partie haute, semi-circulaire, repose sur une moulure qui traverse toute la façade. Au dessus, un entablement traverse, lui aussi, toute la façade. Il est surmonté par trois ouvertures cintrées, accolées, sous un oculus, le tout installé dans une grande niche cintrée. L’ensemble se termine par un gâble qui, s’appuyant sur deux entablements, domine le toit du sanctuaire et se termine par une croix en fer. Au milieu du gâble on peut voir une niche avec une statue de Santa Maria Ausiliatrice.
De part et d’autre de la partie centrale, s’élèvent deux pilastres jusqu’au niveau du toit. Ils sont décorés par les moulures et les entablements qui traversent la façade. Ils se terminent par deux entablements sur lesquels reposent deux pyramidions, coiffés d’une boule.

Les deux autres parties, symétriques, se situent au dessus de deux portes d’entrée rectangulaires au dessus desquelles on peut voir un oculus surmontant deux arcatures, le tout se terminant par un gâble qui s’élève à la hauteur des cloches.
A gauche, s’élève un petit clocheton, quadrangulaire, coiffé par un toit pyramidal se terminant par une boule. Il possède quatre ouvertures rectangulaires avec deux cloches dont on aperçoit, à gauche, le mécanisme.
A droite, s’élève un petit clocheton, triangulaire, coiffé par un toit triédrique se terminant par une boule.

 

Ce clocher est du type triangle rectangle isocèle, il a été bâti suivant la technique du Comté de Nice. La face diagonale doit reposer sur un arc de décharge et peut être sur une trompe. Nous sommes encore là dans un cas flagrant d’économie. Le clocher de gauche, quadrangulaire, devait être suffisamment important pour y loger plusieurs cloches et leur mécanisme. Celui de droite n’existait que pour la symétrie, la formule triangulaire s’adaptait à merveille. Le Sanctuaire date de 1874, fin du baroque.

Nous n’avons pas pu visiter l’intérieur.

Verdeggia (Italie - Im)

Chiesa San Rocco

Lieu : Verdeggia (Italie - Province d'Imperia)
Datation du clocher : 1910
Typologie du clocher : rectangle isocèle
Accès : le village de Verdeggia se trouve en remontant la vallée de l’Argentina depuis Taggia, au delà de Triora, sous le Monte Sacarello qui domine la Brigue. L'église se trouve au milieu du village.
Description : l'église est un petit bâtiment rectangulaire, sauf le mur du chœur qui est formé par trois pans.
Le clocher se situe à droite, sur la façade principale, il est du type triangle rectangle isocèle et a été bâti suivant la technique du Comté de Nice.



Il ne possède qu’un seul étage avec trois ouvertures cintrées. On peut voir deux cloches avec un mécanisme, sur les faces principales ainsi qu’un cadran d’horloge sur la face orientale. Les angles vifs sont chanfreinés. Pour seule décoration, un entablement qui supporte le toit.
Sur le toit, en terrasse, a été construit un lanternon, sans ouverture. Il est toutefois dominé par une croix avec deux lances croisées et en dessous une girouette représentant un personnage et un enfant, peut être la Madonna di Carmine.
Nous n’avons pas pu visiter l’intérieur. On nous a donné la date de 1910 pour la construction de l’église et du clocher.