Comment se fait-il que les clochers triangulaires soient si peu connus ?

Cela tient certainement au fait qu’ils offrent toujours leur meilleur côté au regard, dissimulant le mur diagonal. Ainsi on ne voit pas leur triangularité. Nous nous attacherons dans ce blog à mieux faire connaître cette curiosité en trompe-l'œil et à mettre au grand jour ses trois faces singulières.
L’inventaire des clochers triangulaires a fait l'objet d'une publication dans les Mémoires ("LI") que vous pouvez vous procurer auprès de l’I.P.A.A.M (Institut de Préhistoire et d'Archéologie Alpes Méditerranée).
Il n’est d’ailleurs pas terminé car de nombreux clochers ont été recensés depuis. Pour réaliser cet inventaire, nous avons utilisé les frontières du XVIIe et XVIIIe siècle concernant le Comté de Nice, la Provence, le Duché de Savoie, la Ligurie et la Corse.
Pour chaque clocher triangulaire, nous ajoutons ci-contre une fiche que vous pourrez découvrir au fur et à mesure de nos recherches.

Georges Salacroup et ses enfants Serge et Sophie
I campanili triangolari : una curiosità del trompe-l'oeil del barocco a Nizza

Come è possibile che le torri triangolari siano così poco conosciute?
Ciò è certamente dovuto al fatto che offrono sempre il loro lato migliore, nascondendo la loro diagonale.Quindi non vediamo la loro triangolarità.
Ci concentreremo in questo blog per sensibilizzare l'opinione pubblica a questa curiosità del trompe-l'oeil e portare alla luce i suoi tre lati particolari.
L'inventario delle guglie triangolari è stato pubblicato nelle Memorie ("LI") che è possibile acquistare dal IPAAM (Istituto di Preistoria e Archeologia Alpi Mediterranee). Quest'ultimo non é ancora stato terminato in quanto molti campanili sono stati recensiti in un secondo tempo. Per realizzare questo inventario, abbiamo utilizzato i confini del XVII e XVIII secolo che riguardano la Contea di Nizza, la Provenza, il ducato di Savoia, Liguria e Corsica.
Per ogni torre triangolare, aggiungeremo una scheda che potrete scoprire di volta in volta durante le nostre ricerche.

Georges Salacroup ei suoi figli Serge e Sophie
Affichage des articles dont le libellé est Piémont (Italie) Duché de Savoie. Afficher tous les articles
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Mombasiglio (Italie - Cn)

Capella di San Bernardo

Lieu : Mombasiglio (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : 1636
Typologie du clocher : équilatéral
Accès : Mombasiglio se trouve  au sud-ouest de Ceva. La Capella est située après l’intersection de la Via provinciale Ceva avec la Via San Bernardo, à une centaine de mètres sur cette Via. Cette chapelle de campagne est édifiée au milieu des champs, Mombasiglio se trouvant à un kilomètre environ, sur une bute.
Description : la chapelle n’est rattachée à aucun couvent, par contre son portique pouvait servir d’abri aux paysans travaillant dans les champs ainsi qu’aux pèlerins en chemin vers Notre Dame de Vico.

  Saint Bernard, Docteur de l’Eglise, fondateur de l’Abbaye de Clairvaux, prêcha la deuxième Croisade. Nous retrouverons de nombreuses Capella sous le vocable de San Bernardo.
La Capella est un petit bâtiment approximativement orienté qui se compose d’un chœur en forme d’abside, d’une nef rectangulaire et d’un portique faisant corps à l’ensemble, délimités par des pilastres en briques servant de contrefort. Le clocher est positionné à cheval sur le chœur et la nef. La façade principale est partagée par deux pilastres, en brique, sous un entablement supportant l’extrémité inférieure du toit. Sous le portique on peut apercevoir la porte d’entrée de la Capella encadrée par deux fenêtres. Au faite du toit se trouve une croix avec deux palmes. Cette façade est entièrement crépie.
Les deux façades latérales du portique et de la nef, bâties en brique, ont été crépies. Elles sont partagées par des pilastres. La façade du chœur bâtie en galets, à sa base, et en brique au dessus, est partiellement crépie. Elle est divisée en trois parties par deux pilastres en brique. Au milieu se trouve un oculus, seule ouverture de la Capella.
Les pilastres soutiennent un entablement sur lequel vient se reposer le toit couvert de tuiles canal.  


Le clocher, nous l’avons vu, repose à cheval entre le chœur et la nef, juste sur un pilastre. Comme nous n’avons pas pu voir l’intérieur, nous supposons qu’à cet endroit doit correspondre intérieurement un arc doubleau soutenant la voûte, qui, vu sa date de construction doit être suffisamment solide pour supporter le clocher. Nous avons déjà vu plusieurs exemples de clocher ainsi construit sur une voûte très massive bien antérieure à l’époque baroque. On peut citer, Falicon, Santa Croce  à Mondovi, l’oratoire des Pénitents à Cosseria et les clochers doubles d’Oletta et d’Olmetta di Tuda en Corse.
Le clocher est du type triangle équilatéral, il possède une ouverture cintrée sur chaque face. Il se décompose en trois parties, séparées par un encorbellement en brique.  En premier un socle qui lui permet de prendre appui sur le toit. Ensuite le corps du clocher dont la façade septentrionale seule, est décorée par des petits pilastres doubles de chaque coté. Enfin, le haut du clocher où s’ouvrent trois ouvertures cintrées, on peut y voir une petite cloche.
Le toit, triédrique, repose sur un entablement mouluré, il est surmonté d’une  croix.  
La Capella et le clocher ont été bâtis simultanément en 1636. Ce clocher semble donc être le plus ancien du Piémont. Il est du type triangle équilatéral issu du clocher de Saint Pierre-es-Liens à Châteauneuf Villevieille. Toutefois sa conception diffère de Châteauneuf, car il n’est pas extérieur au bâtiment, il repose directement sur la voûte.

Ceva (Italie - Cn)

Chiesa di San Carlo

Lieu : Ceva (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : aux environs de 1700
Typologie du clocher : rectangle isocèle en façade
Accès : Ceva se situe à proximité de l’autoroute n°A6 qui va de Savona à Turin, bien avant Mondovi. C’est un gros bourg traversé par le Fiume Tanaro. La Chiesa di San Carlo (Saint Charles Borromée Archevêque de Milan canonisé en 1610), se trouve au milieu du bourg au bout de la ruelle étroite via Derossi Piantabella, sur une petite place.
Description : l'église est un petit bâtiment rectangulaire non orienté. La façade principale ne présente aucune décoration, au milieu, la porte d’entrée encadrée par deux ouvertures, au dessus, un oculus. Par contre elle est dominée par un important clocher triangulaire qui repose sur  un socle quadrangulaire, en brique ainsi que le clocher.



 Le socle occupe la totalité de la façade mais ne se prolonge pas au delà du clocher sur la nef. Le clocher occupe la moitié de la façade de la Chiesa. Le socle et le clocher sont très ouvragés, le clocher est encadré par deux pilastres de part et d’autre de l’ouverture cintrée, où l’on peut voir une cloche. Le haut du clocher est décoré par plusieurs entablements. Le clocher est du type rectangle isocèle, il a été bâti suivant la technique du Comté de Nice. Le corps du clocher est un prisme droit, le toit est triédrique de faible hauteur. Il est dominé par une croix. Les angles vifs ont été chanfreinés comme la plupart des clochers en brique de la région de Cuneo. Le mur diagonal est probablement soutenu par un arc de décharge.
            L’ensemble socle et clocher se différencie du reste de la Chiesa qui, nous l’avons vu, reste très sobre.


 Cela permet de penser que la construction s’est réalisée à deux époques différentes.
 D’abord la Chiesa, qui fut construite peu de temps après la canonisation du Saint en 1610  et terminée en 1618, ensuite, les fresques, qui ont été peintes entre 1631 et 1632 par le peintre Giovanni Arigone, enfin, le clocher, qui, par sa décoration, appartient à la période baroque classicisme, il peut donc être daté après 1650, aux environs de 1700.
Ceva a été rattaché au Duché de Savoie en 1531. Charles Emmanuel II, par décret, nome Ceva chef lieu d’une province composée de 41 communes.


Busca (Italie - Cn) n°1

Capella Santa Casa di Loreto




Lieu : Busca (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : aux environs de 1700
Typologie du clocher : rectangle isocèle sur le chevet
Accès : La chapelle de la Casa di Loreto se trouve à l’entrée de Busca, sur la gauche, via Loreto, lorsqu’on arrive de Cuneo.
Dénomination : celle-ci nous ayant paru curieuse, nous avons fait des recherches. Il s’agirait donc de la « Translation de la Sainte Maison de Loreto ». Depuis le XVIe siècle, la Sainte Maison de Loreto en Italie, dans la marche d’Ancone, est un lieu de pèlerinage illustre, il s’agit de : «  La propre demeure de la Vierge, apportée de Nazareth par les Anges à travers les airs ! ». Il est possible qu’une statue de la Vierge ait été apportée là par des Serbes catholiques fuyant la persécution, à la fin du XIIIeme siècle, et qu’on ait aménagé pour cette statue une maison baptisé de Nazareth, de même que l’on a construit un peu partout, de nos jours, des grottes de Lourdes. On aurait ainsi pour Loreto une légende se développant d’une manière analogue à celle de Guillaume Tell (la geste de ce héros se situant vers 1298-1308).
Description : la Capella Santa Casa di Loreto est un petit bâtiment de forme rectangulaire, non orienté, l’autel se trouvant au sud. La façade principale est encadrée par deux pilastres soutenant les extrémités du toit formant ainsi un fronton triangulaire dans lequel se trouve une fresque de forme rectangulaire lobée, représentant la Vierge avec des anges au dessus d’un village, allusion à la translation. En dessous on peut lire « Santa Casa di Loreto ».                  

             Pour la datation, on peut établir un parallèle avec San Magno à Borgo ainsi que l’église de la Trinité à Tourettes-Levens et dater cette chapelle autour de 1700.
La porte d’entrée est encadrée par deux fenêtres. Une croix est plantée au faite du toit. Les deux façades latérales possèdent deux pilastres qui semblent correspondre à la sacristie, au chœur et au reste de la chapelle. Le clocher est installé sur le chevet droit au dessus du pilastre de la sacristie. L’intérieur de la chapelle se divise en deux travées délimitées par des pilastres qui correspondent à ceux visibles extérieurement. Une voûte à pénétration éclaire la chapelle grâce à deux ouvertures semi-circulaires de chaque coté.

 
L’autel se situe contre le mur du fond qui est perpendiculaire aux murs des façades latérales, ce qui donne une forme rectangulaire à la chapelle. Au dessus du chœur, dans un cadre aménagé on peut voir une représentation du Sacré Cœur qui est dominée par un tableau représentant la Vierge et l’Enfant Jésus, sur un nuage en dessous duquel des anges transportent la maison de la Vierge. La décoration baroque semble avoir été restaurée récemment. A droite de l’autel une porte permet d’accéder à la sacristie où une échelle permet de monter au clocher. Une ouverture semi-circulaire éclaire la sacristie.


      Le clocher se présente sous la forme d’un prisme droit, sa base est donc un triangle rectangle isocèle, il est coiffé par un toit triédrique. Son angle droit repose sur l’angle formé par la façade droite et le mur du chœur, le mur diagonal est soutenu par un arc de décharge. Le clocher se situe donc sur le chevet, mais à l’intérieur de la chapelle. Il possède deux étages qui ont chacun trois ouvertures lobées. Les deux angles vifs sont chanfreinés, ce qui différencie ce clocher de ceux de Borgo pourtant proches. On peut apercevoir une cloche. La décoration des  murs des trois faces est faite de pilastres séparés par des encorbellements et des moulures qui rappellent Borgo. Le toit repose sur une corniche, il semble couvert de zinc, il est dominé par une boule, un petit drapeau et une croix.
            L’ensemble de la chapelle a été crépi, toutefois par endroit il laisse apparaître une construction en brique, ce qui est fréquent dans la région.

San Giuseppe, Busca (Italie - Cn)

Chiesa di San Giuseppe


Lieu : San Giuseppe, Busca (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : fin XVIIIe siècle
Typologie du clocher : équilatéral sur le chevet
Accès : l'église se trouve sur la route allant de Cuneo à Busca en passant par Passatore et Bosco, juste avant d’arriver à Busca, sur la droite dans le hameau de San Giuseppe.
Description : l'ensemble regroupe la Chiesa, la sacristie, le presbytère et des jardins, le tout entouré de murs formant ainsi un bloc homogène, isolé des autres habitations situées de l’autre coté de la route. La chiesa et le presbytère sont alignés dans un axe approximativement nord-sud, elle n’est donc pas orientée. La chiesa est un petit bâtiment rectangulaire de faible hauteur, le presbytère, lui faisant suite, est plus élevé car il possède un étage. Le clocher se situe sur le chevet de la chiesa, à droite, il domine l’ensemble de toute sa hauteur, bâti en briques, il possède deux étages.
La façade s’élève au dessus du toit, elle est dominée par un auvent sur lequel repose un pinacle portant une croix. En dessous, on peut voir un fronton triangulaire, sous lequel quatre pilastres partagent harmonieusement la façade, un à chaque angle, les deux autres encadrant la porte d’entrée. La porte est dominée par un tympan triangulaire qui rappelle le fronton supérieur, au dessus il y a un oculus ovale. De part et d’autre de la porte deux fenêtres rectangulaires éclairent la nef. A droite de la façade une autre porte donne accès au jardin. 


L’intérieur de la chiesa, de dimension modeste, est d’influence baroque. Elle présente une voûte à pénétration dont la décoration, très simple, a été restaurée. Il y a six pénétrations bien accentuées par la décoration, les quatre premières sont occultées, la cinquième, à gauche s’ouvre sur une grande fenêtre donnant sur le jardin, la sixième s’ouvre sur une petite fenêtre donnant sur la route.   
Au centre de la voûte on peut voir un grand médaillon dans lequel sont peints les instruments de charpentier de San Giuseppe (St Joseph époux de la Vierge et père de Jésus) ainsi qu’une croix avec une ancre marine. A gauche, près du chœur on aperçoit une statue de la Vierge ainsi qu’une porte permettant d’accéder au presbytère. Au dessus, on peut voir un tableau représentant la mort de San Giuseppe entouré par la Vierge et Jésus. La coutume populaire appelle Saint Joseph, le patron de la bonne mort. Tout de suite à gauche un escalier permet d’accéder au niveau de la voûte qui se situe exactement sous le clocher. La base de ce dernier est un triangle équilatéral. 

Arc de décharge Côté nord
Arc de décharge Côté sud
      
Le clocher a été bâti à cheval sur deux murs perpendiculaires, celui du chœur et celui de la façade droite. La face principale du clocher repose sur le mur de façade, les deux autres faces sont dans le vide, elles sont donc soutenues par deux arcs de décharge prenant appui sur le mur de façade et se rejoignant sur le mur du chœur. Il s’agit là de la méthode utilisée à Cantaron, qui est très ingénieuse. Toutefois, ici, les deux arcs de décharge ne sont pas à la même hauteur. Celui, côté nord se situe juste au dessus de la voûte de la Chiesa. L’autre, côté sud, se situe beaucoup plus haut, 3 m environ, ceci afin de permettre d’accéder au sommet de l’escalier, sur la voûte. 

Le clocher se présente sous la forme d’un prisme régulier, il domine élégamment l’ensemble, un premier étage, sans ouverture, l’élève au dessus du presbytère. Le deuxième étage repose sur un entablement, il est particulièrement ouvragé. Il possède une grande ouverture cintrée, sur chaque face, dont la moitié a été utilisée, ultérieurement, pour installer un cadran d’horloge. Chacune des ouvertures est encadrée par deux pilastres, les angles ayant été chanfreinés sont décorés par un pilastre. Chaque face est surmontée d’un fronton triangulaire reposant sur un entablement d’ordre composite. Le clocher se termine par un clocheton triangulaire sans ouverture, coiffé par une corniche supportant un toit, de faible pente, au milieu duquel, dans une moitié de boule, on a planté un petit drapeau métallique dans lequel figure la croix de Savoie. Le tout se termine par une grande croix garnie de palmes. Une cloche occupe le centre du clocher. Les trois côtés sont semblables, ce qui est normal pour un triangle équilatéral.
La méthode utilisée pour la construction du clocher correspond à celle de Cantaron, qui date de 1784 et semble l’initiateur de la méthode. D’après les renseignements recueillis sur place son édification se situerait à la fin du XVIIIe siècle, début XIXe, sous le Premier Empire autour de 1800. Ce que confirme la décoration baroque classicisme.


Saluzzo (Italie - Cn)

Chiesa Madonna delle Stelle ou Madonna del Pilone




Lieu : Saluzzo (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : après 1700
Typologie du clocher : rectangle isocèle sur le chevet
Accès : l'église, bâtie en brique et partiellement crépie, se situe, à droite, après l’entrée  dans Saluzzo en venant de Cuneo, juste après la gare, sur Vicolo Ignazio Vignola. Elle n’est pas orientée.
Description : la Chiesa est un bâtiment, assez important, comprenant une partie centrale rectangulaire correspondant à la nef, le chœur, dont le toit est surbaissé, se trouve dans le prolongement de la nef. De part et d’autre de celle-ci on peut voir des bâtiments accolés.
Le clocher se trouve sur le chevet, avant le chœur, à gauche de la nef.


La Chiesa possède une belle façade baroque partagée en deux par un entablement, dont la frise possède une moulure ornée, d’ordre Composite,  ce qui la classe dans la période Baroque Classicisme, bien après 1650.
La partie inférieure est divisée par quatre pilastres, supportant l’architrave et possédant des chapiteaux d’ordre Ionique. Le centre est occupé par une grande porte d’entrée, à double battant, arrondie dans sa partie supérieure, au dessus de laquelle on peut lire dans un cartouche.
 «  AVE MARIA DEIPARA IMMACULATA »    Au dessus, un fronton circulaire au milieu duquel on peut voir une tête d’angelot avec des ailes. De part et d’autre de la porte se trouvent deux fenêtres au dessus desquelles on peut voir deux cadres décorés de volutes. Dans celui de droite on reconnaît la Vierge et l’enfant, dans l’autre, on distingue mal le personnage.
            Au milieu de la partie supérieure s’ouvre une fenêtre à trois ouvertures, celle du milieu est cintrée, les deux autres sont rectangulaires. L’ensemble est partagé par quatre piliers quadrangulaires, ceux extérieurs sont décorés par une console inversée. Au dessus un fronton circulaire couronne le tout avec une décoration en forme de bouquet de fruits. Au dessus, se trouve un médaillon, décoré de volutes, surmonté par un angelot et encadré par deux pots avec des anses remplis de fruits, dans lequel on peut voir le M de Maria.
            De part et d’autre des fenêtres, une décoration peinte, de forme rectangulaire avec un cercle en son milieu. Sur chaque angle de la façade, un pilastre prolonge celui du bas et se termine sur un grand entablement couronnant la façade. Au dessus sur les extrémités de la façade se trouvent deux pinacles quadrangulaires. Au milieu, un socle permet à un pinacle quadrangulaire, surmonté d’une croix, de prendre de la hauteur. La façade domine largement le toit de la nef.
            Sur la façade gauche est accolé un bâtiment, peut être la sacristie et une chapelle, n’ayant pas pu visiter la Chiesa nous n’avons aucune certitude à ce sujet. La façade de la nef domine largement le bâtiment accolé. On peut y voir une grande fenêtre éclairant la nef ainsi que trois contreforts étayant la façade.
Sur la façade droite, est accolé un petit bâtiment qui semble bien correspondre à une chapelle car il possède des fenêtres et se positionne au milieu de la façade entre deux contreforts. Cette façade possède également trois contreforts et une grande fenêtre en son milieu.
Le chœur, surbaissé, possède deux ouvertures de chaque côté, comme la nef, il est rectangulaire.


Le clocher, en brique, se dresse sur le chevet gauche de la Chiesa. Il est du type triangle rectangle isocèle, son corps a la forme d’un prisme droit, il a donc été bâti suivant la technique du Comté de nice. Sa face gauche repose sur la façade gauche de la Chiesa, l’autre face, perpendiculaire, repose sur mur transversal du chœur, la troisième, le mur diagonal, se trouve au dessus de l’angle gauche de la nef. Il est dans le vide et doit être soutenu par un arc de décharge prenant appui sur les murs d’angle de la nef. Il repose sur un socle qui s’ajuste à la toiture de la nef. Ce socle est décoré par deux pilastres soutenant un encorbellement sur lequel repose le clocher dont les trois angles sont chanfreinés. Les trois chanfreins sont décorés par trois pilastres qui se terminent par un chapiteau d’ordre ionique soutenant un vaste entablement supportant le toit. Chaque face du clocher possède une ouverture arrondie dans sa partie supérieure, obligeant ainsi l’encorbellement du toit à s’arrondir. On peut voir une cloche à l’intérieur du clocher. Le toit se décompose en deux parties, un socle, formé par trois consoles inversées, qui s’ajustent sur les trois angles du clocher et se réunissent au centre. Au dessus, le toit, très petit, repose sur un entablement qui lui donne une allure de pagode, car, à cause des chanfreins il se compose de six triangles couverts de zinc. Au sommet se trouve une boule dans laquelle on a fixé une girouette et une croix.
Ce clocher très baroque peut être daté à partir de 1700, ce qui correspond bien au panneau indiquant  « sec 1700 ».

Caraglio (Italie - Cn) n°1

Capella di Lazzaretto - Ospedale di San Antonio

Lieu : Caraglio (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : antérieur à 1650
Typologie du clocher : rectangle isocèle en façade
Accès : le bourg de Caraglio se trouve, à mi-chemin, sur la route reliant Cuneo à Dronero. La chapelle se situe dans l'enceinte de l'hôpital San Antonio, via Valgrana.
Description : la chapelle est sans doute celle du Lazaret antérieur à l'hôpital.
  

Le clocher est situé sur la droite de ce qui semble être la façade principale de la chapelle. Il est de type triangle rectangle isocèle coiffé par un toit triédrique, il a donc été bâti suivant la technique du Comté de Nice. Sa facture est très sobre, il se compose de trois faces dont les deux principales possèdent une ouverture cintrée, le seul luxe est un entablement sur lequel repose le toit. On peut apercevoir une cloche. La troisième face, le mur diagonal, présente une originalité, car les deux faces principales, étant chanfreinées, prennent l’apparence d’un pilier soutenant le toit. De ce fait, le mur diagonal disparaît au bénéfice d’un linteau, prenant appui en haut des extrémités des deux faces principales, et soutenant ainsi le toit, en créant une grande ouverture dont le bas, peu important, peut reposer sur un petit arc de décharge.
            Le toit semble couvert de lauzes et possède un petit paratonnerre qui a du remplacer la croix habituelle.
Ce clocher, par son apparence se classe au début du baroque, il pourrait être antérieur à 1650.

Caraglio (Italie - Cn) n°2

Chapelle du Palazzo del Fucile



Lieu : Caraglio (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : aux environs de 1800
Typologie du clocher : équilatéral
Accès : le bourg de Caraglio se trouve, à mi-chemin, sur la route reliant Cuneo à Dronero. La chapelle se situe à côté du n°171 via Roma.
Description : la chapelle est celle du Palazzo del Fucile (le palais du fusil) appelé ainsi à cause de sa forme. La vue ci dessus nous montre le Palazzo vu d’une colline dominant le bourg, à gauche on voit la crosse, au milieu, le clocher fait figure de détente, à droite, c’est le canon. Le Palazzo a été morcelé et appartient à plusieurs propriétaires, dont la Banca di Credito Cooperative di Caraglio. Il nous a été rendu impossible de le visiter.


       La porte de la chapelle est encadrée par deux pilastres supportant deux chapiteaux d’ordre ionique, surmontés par deux entablements dominés par un fronton triangulaire d’allure classique au milieu duquel se trouvent les écussons de la famille Garino. Au dessus de la porte d’entrée à double battant, un immense oculus éclaire l’entrée. La porte est encadrée par une décoration en forme de croix, dont le haut se termine en volutes semblant soutenir l’oculus.


Le clocher est un petit chef d’œuvre Baroque, il se décompose en trois parties, un socle, le corps du clocher et le toit. Le socle, peu élevé, lui donne son assise. Le corps du clocher se présente sous la forme de trois faces symétriques, c’est un prisme régulier, il s’agit donc d’un clocher du type triangle équilatéral, issu de Châteauneuf-Villevielle. Comme il n’est pas très important, la répartition des charges peut se faire facilement sur l’angle du Palazzo où il a été construit. Ses trois angles ont été chanfreinés et décorés par un pilastre soutenant un entablement avec architrave et un nouvel entablement supportant le toit. Chaque face possède une ouverture doublement lobée, en haut et en bas. Sur chaque face l’entablement s’arrondit au dessus des fenêtres.


            Le toit est très élaboré, sur les angles chanfreinés, trois murs de faible hauteur, s’ajustent sur les trois pilastres. Au dessus une couverture en six morceaux de zinc les recouvre, une croix domine le toit. Le reste du toit est couvert de plaques de zinc qui suivent une succession de plans horizontaux et inclinés épousant ainsi le haut du clocher.
            Le Palazzo semble correspondre au début du baroque, autour de 1700. Le clocher correspond à un baroque flamboyant, donc après 1800.   

Villanova Mondovi (Italie - Cn)

Sanctuaire-Grotte de Sainte Lucie de Syracuse

Lieu : Villanova Mondovi (Italie - Province de Cuneo)
Datation du clocher : 1768
Typologie du clocher : isocèle non rectangle
Accès : Villanova Mondovi est un village situé au sud-ouest de Mondovi. Le Sanctuaire-Grotte se situe à mi-chemin entre Villanova et Rocaforte, à droite, en empruntant une petite route sur laquelle se trouve l’embranchement permettant d’accéder au Sanctuaire par une route étroite, en partie effondrée, donc d’un accès difficile. En venant de Villanova on ne voit pas le sanctuaire, perché sur un rocher, par contre, en revenant de Vicoforte, on l’aperçoit perché sur la falaise.
Description : la grotte est située dans la paroi rocheuse, où Sainte Lucie de Syracuse fit une apparition suivie de la guérison d’une jeune fille muette. La grotte devint de ce fait, un lieu de pèlerinage. La première grotte étant devenue trop petite pour le flux de pèlerins, la seconde grotte plus spacieuse allait devenir le Sanctuaire en 1588. 


On a donc construit devant la grotte un bâtiment servant de façade. La première partie, au nord, où accède la route est un bâtiment conventuel.
   
 La deuxième partie, pour suivre la falaise fait un angle fermé avec le précédent. Le clocher est bâti sur cet angle. Cette deuxième partie est constituée par une longue galerie, éclairée par une succession d’ouvertures cintrées, en bordure de falaise protégeant la Grotte Sanctuaire où l’on accède par un escalier extérieur.
C’est une grotte double de moyenne importance comprenant, un autel avec baldaquin, entourant une statue de la Sainte. Le chœur, surélevé de deux marches, est délimité par une balustrade en pierre. L’autre partie de la grotte est fermée par une grille.


 Le clocher se situe au milieu du bâtiment, sur un angle. Il est du type triangle isocèle, une surprise nous attendait, car, il semblait également être du type triangle équilatéral. Par chance, nous avons découvert l’entrée du clocher qui n’était pas fermée. Nous avons donc pu mesurer le clocher, à sa base, les côtés latéraux mesuraient 98 cm, la base 130 cm. En conclusion, il ne s’agissait, ni d’un triangle équilatéral, ni d’un triangle rectangle isocèle, mais d’un simple triangle isocèle dont le grand angle mesure 82°, les deux autres 49°.


   


 Il échappe donc à toute classification, car il ne possède ni trompe, ni arc de décharge. Son mur diagonal repose sur le mur fermant l’angle du bâtiment. Nous avons là les prémices de la conception du clocher de Corte, dont l’angle a été refermé à 30°, ici il évolue de 90° à 82°.
            Il n’en est pas moins élégant, car proche de l’équilatéral. Il se compose de quatre parties, le socle, le corps du clocher, un petit étage et le toit.
Le socle s’assoit sur l’angle du bâtiment dont une double corniche fait le tour.
Le corps du clocher possède trois ouvertures cintrées et une cloche. Les trois angles, chanfreinés, sont décorés par trois pilastres dont les chapiteaux, d’ordre Toscan, prennent du relief sur chacun des angles d’un grand entablement sur lequel repose le petit étage.
 Celui-ci, aveugle, est simplement décoré par un entablement supportant un toit à bulbe, non circulaire, dominé par une boule, une girouette en forme d’oriflamme et une croix avec palmes.
La galerie devant la grotte a du être construite après 1588, le bâtiment conventuel lui a succédé en 1768, ainsi que le clocher.